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Appendice

Rencontre: Pierre Boulez Gilles Deleuze

De l’esthétique à la socio-politique, la rencontre induit la définition d’ Espaces lisses ou striés corollaire du mode de développement de son contenu.

Il me semble primordial de définir auparavant, le continuum. Ce n’est sûrement pas le trajet continu “effectué” d’un point à un autre de l’espace (trajet successif ou somme instantanée). Le continuum se manifeste par la possibilité de couper l’espace suivant certaines lois ; la dialectique entre continu et discontinu passe donc par la notion de coupure ; j’irai jusqu’à dire que le continuum est cette possibilité même car il contient, à la fois le continu et le discontinu : la coupure, si l’on veut, change le continuum de signe. Plus la coupure deviendra fine, tendra vers un epsilon de la perseption, plus on tendra vers le continuum proprement dit, celui-ci étant une limite, non seulement physique , mais, tout d’abord physiologique. L’espace des fréquences peut subir deux sortes de coupures : l’une, définie par un étalon, se renouvellera régulièrement ; l’autre, non précisé, non déterminée, plus exactement, interviendra librement et irrégulièrement. Pour estimer un intervalle, le tempérament — choix de l’étalon — sera une aide précieuse, il “striera” en somme, la surface, l’espace sonore, et donnera à la perception — même loin de la totale conscience — les moyens de se repérer utilement ; dans le cas contraire, lorsque la coupure sera libre de s’effectuer où l’on veut, l’oreille perdra tout repère et toute connaissance absolue des intervalles, comparable à l’oeil qui doit estimer des distances sur une surface idéalement lisse. La qualité de la coupure définit la qualité microstructurelle de l’espace lisse ou strié, par rapport à la perception ; à la limite, espace strié et espace lisse se fondent dans le parcours continu.

Pierre Boulez, Penser la musique aujourd’hui, p.96-97

 Appareils d’Etat et machines de guerre autour de la problématique de l’ Espaces lisses et striés

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Autour de la Nouvelle Calédonie

Xavier-Aurélien Racine, 08/06/2024

Didier Julia : « Si vous arriviez contre la constitution, contre la démocratie, à donner le pouvoir à une petite minorité appuyée sur des bandes armées, vous aurez découvert le National-Socialisme et cela nous ne l’accepterons pas ».
Louis Mermaz : « Ce n’est pas possible de laisser trainer des mots aussi sales On n’a pas le droit de déshonorer les gens, même avec des si. Je vous demande de retirer ces mots ».
Didier Julia : « M. le président, on n’a pas le droit de déshonorer la France, même avec des actes en Nouvelle -Calédonie ».
Louis Mermaz : « M. Julia, vous me faites vraiment pitié. Je m’excuse la séance est suspendue ».
[…]
Louis Mermaz : « Je stigmatise ces paroles-là, et d’exprimer ici, mes chers collègues une très profonde réprobation, M. le Premier Ministre » :
Laurent Fabius : « Mesdames et Messieurs, utiliser le mot d’Apartheid et le mot de Nazisme pour qualifier l’attitude de la majorité et du gouvernement est indigne. Je me permettrai de vous dire Mr Seguin, s’agissant du nazisme et de ses conséquences sur la vie des Hommes que dans ma famille, moi, je sais ce que cela veut dire ».

Nouvelle Calédonie, les accords de Matignon

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Le témoignage menteur

Xavier-Aurélien Racine, 31/05/2024

La main touchait une surface plane; et l’oeil, toujours séduit, voyait un relief. En sorte qu’on aurait pu demander au philosophe lequel des deux sens dont les témoignages se contredisent était un menteur.

Denis Diderot

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Les lunettes selon Denis Diderot

Xavier-Aurélien Racine, 24/05/2024

Les poètes, prophètes et presbytes sont sujets à voir les mouches comme des éléphants ; les philosophes myopes à réduire les éléphants à des mouches. La poésie et la philosophie sont les deux bouts de la lunette

Denis Diderot

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La lumière

Xavier-Aurélien Racine, 18/05/2024

Il ne faut cesser de s’enfoncer dans la nuit c’est alors que brusquement la lumière se fait

Francis Ponge

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Effet de faux consensus

Xavier-Aurélien, Racine, 05/05/2024

Effet de faux consensus

Lee Ross

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Le septuor de Proust

Xavier-Aurélien Racine, 27/04/2024

Antoine Compagnon : Et l’analyse de la transformation de la sonate au septuor, à la recherche d’une forme plus complexe
Pierre Boulez : Même chose
Antoine Compagnon : vous n’y croyez pas non plus,
Pierre Boulez : il a dû entendre le septuor de Saint Sens, qui était très populaire à l’époque, et ça lui a donné l’ingéniosité, peut-être le chiffre, septuor, l’a attiré, parce que sept est un nombre impair qui approche de la perfection, du huit. Non je pense qu’il n’y a pas de différences du tout. Quand il dit qu’il y aura plus d’instruments, donc il y aura plus de couleurs. Très bien, mais on peut le savoir sans poser ni sept ni trois, ni un. Non, je ne suis pas du tout convaincu par ça. Par ce que quand il a parlé de musique, il faut qu’il parle de la musique, et lui-même était un musicien amateur, bien écoutez, pour confondre Reynaldo Hahn avec Debussy, quand même !
Antoine Compagnon : c’est ça aussi, vous parlez de son mauvais goût, il y a le mauvais goût de Proust.
Pierre Boulez : Ce n’est pas du mauvais goût, vous ne pouvez pas ajouter trois fraises à une pomme, il n’y a rien à faire, ça ne fait pas quatre.

Lire et relire Proust – Antoine Compagnon (2012-2013)

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La fosse aux bêtes

Xavier-Aurélien, Racine, 20/04/2024

Attendez-vous à tout, vous qui êtes proscrit. On vous jette au loin, mais on ne vous lâche pas. Le proscripteur est curieux et son regard se multiplie sur vous. Il vous fait des visites ingénieuses et variées. Un respectable pasteur protestant s’assied à votre foyer, ce protestantisme émarge à la caisse Tronsin-Dumersan ; un prince étranger qui baragouine se présente, c’est Vidocq qui vient vous voir ; est-ce un vrai prince ? oui ; il est de sang royal, et aussi de la police ; un professeur gravement doctrinaire s’introduit chez vous, vous le surprenez lisant vos papiers. Tout est permis contre vous ; vous êtes hors la loi, c’est-à-dire hors l’équité, hors la raison, hors le respect, hors la vraisemblance ; on se dira autorisé par vous à publier vos conversations, et l’on aura soin qu’elles soient stupides ; on vous attribuera des paroles que vous n’avez pas dites, des lettres que vous n’avez pas écrites, des actions que vous n’avez pas faites. On vous approche pour mieux choisir la place où l’on vous poignardera ; l’exil est à claire-voie ; on y regarde comme dans une fosse aux bêtes ; vous êtes isolé, et guetté.

Actes et paroles/Pendant l’exil, Victor Hugo

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Les Travailleurs de la mer

Xavier-Aurélien, Racine, 13/04/2024

Je dédie ce livre au rocher d’hospitalité et de liberté, à ce coin de vieille terre normande où vit le noble petit peuple de la mer, à l’île de Guernesey, sévère et douce, mon asile actuel, mon tombeau probable.

Les Travailleurs de la mer, Victor Hugo