Je suis un Luftmench non seulement par la perte de mes origines, mais également celle des lieux qui ont constitué mon parcours.
L’art est un véritable fil d’Ariane liant les enjeux de mon histoire.
L’Histoire, face à face – Apollon en scaphandre intergalactique
Né à Besançon, j’ai vécu mes cinq premières années à Kinshasa Zaïre (RDC).
J’ai parlé Ingala, langue Bantoue, avant même de parler Français.
L’expression de cette lague résulte du lien culturel permis par mes parents dans le cadre de la francophonie mêlant artiste Zaïrois et Français.
Des Beaux-Arts de Kinshasa à la maison j’ai vu et croisé le monde artistique et culturel dont l’émulation n’avait pas de frontières.
Ce contexte ma donné à voir le trait d’union entre les communautés.
Le travail du cuivre, de la peinture, de la sculpture a marqué mon esprit.
Le Zaïre à disparu, et je n’ai pas découvert le Congo, qu’importe, c’est toujours Kinshasa, doté de cette créativité principielle.
Avec le temps, j’ai traversé le monde, je me suis confronté aux cultures et la variation de leurs enjeux.
La Nouvelle-Calédonie, zone entre totem et tabou, marquant le rapport du territoire aux ancêtres. Si les morts nous écoutent, ils ont également des lieux et des modalités de présences caractéristiques. Du passé au présent, l’Histoire construit les possibles pour les Hommes.
Ce fut aussi la découverte de l’architecture comme reflet de la société magistralement transcrite par Renzo Piano dans le Centre Culturel Jean-Marie Tjibaou, Nouméa.
Je suis un Luftmench dont le regard s’est composé dans le patchwork cousu d’un fil d’Ariane constituant l’image d’un monde ne cessant d’être en devenir constamment fragmenté dans ses apparitions.
Ma formation est académiquement avec une solide culture classique.
Le fil d’Ariane a rompu, brouillant le chemin à travers les myriades de perspectives qui s’entremêlent dans un labyrinthe de représentations en miroir.
En contrepoids un monde non-dit, non exprimé, qui pose le problème de l’ouverture d’une perspective.
L’usurpation d’identité, comme le plagiat confronte l’authenticité d’une ontologie expressive à son reflet vidé de sa substance motrice actualisant le propos de Gilles Deleuze « La violence est ce qui ne parle pas. »
Les institutions balaient mes questions d’un revers de silence.
Par le plagiat on usurpe l’identité pour confondre les responsabilités et détourner leurs conséquences en apparition alors qu’un dialogue ouvre aux choix et permet la construction en pleine lumière sur des bases équitables.
D’une main à l’autre, échanger un fil d’Ariane comme une monnaie Kanak, preuve d’un respect mutuel qui ouvre au dialogue et permet la composition d’un avenir structuré par une conscience commune.
Contraindre et voler c’est violer la liberté de l’Homme, là où le dialogue peut ouvrir à la participation par l’échange d’intérêts communs.
Le fil d’Arianne rompu s’est entremêlé dans un nœud gordien.
A la manière de Roger Botembe, le couteau à peindre à la main, d’un geste net, recouvrant les fils entremêlés constitue la toile de la vie pour permettre la construction en pleine lumière d’un monde authentique.
Sur la toile la confrontation de Thésée avec la créature personnifiée par le Minotaure, Homme au masque de deuilleur, constitue le point d’achoppement entre les modalités d’apparitions entremêlées.
Si pour Gilles Deleuze « C’est dans l’écroulement général de la question – qu’est-ce que ça veut dire ? – que le désir fait son entrée. » la réponse doit pouvoir s’exprimer en pleine lumière révélant son primat d’authenticité.