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La Trahison des images

Joan Fontcuberta, Fauna

Il est une esthétique de l’ironie qui se joue du réel pour induire en erreur le spectateur afin de donner à voir une représentation pour une ipséité appuyé par le principe de soumission de l’ opinion à un argument d’ autorité constitué par l’objectivité.

Avec l’apparition de la photographie et l’affirmation de son présupposé objectif, se constitue une composition d’images donnant a voir des objets fantasmagoriques.

Joan Fontcuberta (24/02/55) réalisa Fauna, véritable “Fake news” montrant des compositions d’être multiples.

Joan Fontcuberta, Fauna
Joan Fontcuberta, Fauna

La trahison photographique de la vérité du visible au profit d’un donné à voir est consubstantiel au médium dont les limites permettent une modulation poétique. Par la post production il y à fusion de la perception constitutif de l’oeil Américain au profit du retournement conceptuel du troisime oeil.

Par delà le réel et le visible, le donné à voir révèle en transcrivant ce qui constitue les mondes intérieurs peuplé de mythologies trouvant des sources multiple et entrecroisés. S’est en faisant bagayer les formes du réel que surgissent les modalités d’une représentation visionnaire.

Si le travail de taxidermie de Sabrina Brewer s’apparente à celui Fontcuberta, le passage par la photographie permet de composer l’objet comme le développement d’un sujet scientifique, passant toute à la foi le spectateur en complice d’une découverte, et le collectionneur, dans la tradition d’une conservation d’objet rare.

Sabrina Brewer, THE IVORY GRIFFIN

Que le troisième œil dicte à l’œil Américain la nature du perceptible est une affaire établie depuis l’élaboration de toute représentation. Umberto Ecco montre dans Bardolino comment la narration s’approprie les faits pour construire l’Histoire en fonctions des enjeux qui la traverse. La vérité n’existe quepar la construction des raisons de son apparition..

Dés la Renaissance les cabinet de curiosités présentaient un ensembles d’objets hétéroclites regroupés en un lieux communs en raison de leurs particularités. Bien que l’on y trouve des objets naturels et de valeurs, y était également conservé des composition destiner à tromper le spectateur.

L’ œuvre fait paraitre les éléments constitutifs d’une réalité construite à partir d’une fantasmagorie prise dans l’ histoire.

Déterritorialisation de l’image

William Hogarth

Le territoire est l’espace premier permettant de définir les limites et de faire paraître la réalité d’ un monde. Il en est de multiples. Centraux, comme devrait l’être les cœurs de villes, constitutifs d’un être normalisé représentant ce que le concept de bourgeoisie recoupait aux XIX° et XX° siècles. Périphériques, lieux des “hétérotopies”, zones frontières ou paraissent les lucioles Pasoliniennes, poussières d’étoiles constitutives d’un rapport divergent au monde. Ruraux, dont la mise à distance des centres autodétermine l’existence.

Peintres, graveurs et photographes habitent, traversent ces territoires et en prélèvent une trace d’histoire à vocation esthétique. La F.S.A .(Farm Security Administration) avec Dorothea Lange, Walker Evans, Arthur Rothstein, Ben Shahn, Russell Lee . En France la mission DATAR, Raymond Depardon, Josef Koudelka, Lewis Baltz, Robert Doisneau. On peut évoquer également des démarches spontanées et autonome qui firent école comme Berndt et Hilla Becher qui ont permis de fixer une trace patrimoniale des bâtiments industriels en transformation ou disparition , voire même de quartiers de villes, avec l’ensemble des immeubles du Sunset Strip de L. A. de Ed Ruscha .

Cette traversée d’un monde fixée par l’œil Américain préserve la trace d’une réalité disparue, d’ un “ça a été”, évanoui. Le troisième œil, constitué du retournement intellectif de l’image sur la conscience d’un monde se transformant, permit une échappée Visionnaire du réel au profit de la préservation de la trace d’un agencement matériel. Nous connaissons ainsi des bâtiments, des métiers, des cultes maintenant disparus.

L’image produite est la transcription sur le support d’une image mentale reflétant les enjeux de ce qui fait monde à une période donnée de l’histoire.

Ces périodes se succèdent, mêlant leurs représentations par références entrecroisées et des réponses interposées. Les images prennent ou perdent sens en fonction de la force qui insuffle leurs apparitions.

La “fortune” évoquée par Machiavel, comme le mauvais œil fait risquer à la production d’images la possibilité d’une disparition ou d’une impossible apparition. Et si pour Deleuze, ce que nous ne connaissons pas ne manque pas, le vide consécutif du fait, non illustré, laisse malgré tout entrevoir le manque d’un possible abandonné.

L’ histoire de l’art constitue la mémoire vive de ces strates, qui, à la manière de milles plateaux, s’enchevêtrent et racontent le monde en images. De cet Atlas nait la possibilité d’une généalogie révélatrice des tentions sous-jacentes à l’existence de l’œuvre.

C’est en découvrant la réalité mue par l’objectivité d’un regard scrutateur que l’on donne sens au monde, dont la traversée intellective du regard de l’artiste permet l’émergence d’une manière de voir.

Chercher le territoire c’est faire bégayer les perspectives pour construire, parmi un champ multiple de possibles, une perspective signifiante pouvant entrer en résonnance avec d’autres pour faire monde.

L’artiste appartient au territoire où l’œil Américain se mêle au troisième œil accueillant le style comme une émergence de la représentation transcrivant l’image d’un monde pour l’ Histoire.

Birthday, Marc Chagall, 1915

Sans dessus-dessous, l’œil Américain et le troisième œil, construisent dans le monde la meilleure représentation du possible.